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UN EXEMPLE POUR COMPRENDRE

 

Soit le cas des relations entre les régimes démocratiques, respectueux des droits de l’homme et de l’intégrité physique des personnes, et les régimes despotique ou totalitaire (on peut penser au régime chinois ou à la Corée du nord). Faut-il maintenir avec ces régimes, qui oppriment leurs opposants politiques, des relations diplomatiques, culturelles et surtout économiques ?

 

Sur ce point trois attitudes sont possibles, et c’est dans le cadre de ces attitudes que notre sujet s’inscrit :

 

1. Une attitude déontologique (une déontologie est l’équivalent d’une morale dans un domaine donné : la déontologie médicale par exemple).

2. Une attitude cynique (qui ne s’embarrasse pas de scrupules, qui n’a aucune morale)

3. Une attitude pragmatique (qui est soucieuse de son résultat et qui accepte de s’adapter aux circonstances).

 

L’attitude déontologique subordonne l’action politique aux considérations morales ; il est pour elle hors de question de se compromettre avec de tels régimes, qu’il faut au contraire condamner, voire combattre. Oui, mais cela suppose de leur faire la guerre, ou lorsque cela n’est pas possible, de se réduire à l’impuissance de la réprobation morale (l’opposant torturé sera sans doute heureux d’apprendre qu’il bénéficie de notre soutien moral, mais cela ne fait pas disparaître son bourreau)

 

L’attitude cynique est inverse : mêmes immoraux ces régimes existent, ils peuvent nous êtres utiles diplomatiquement et on peut toujours leur vendre nos produits ; tant pis pour les valeurs (« la fin justifie les moyens » ; « tous les moyens sont bons »), servons sans scrupule nos intérêts.

 

L’attitude pragmatique considère quant à elle que le moyen le plus efficace de transformer ces régimes est aussi le meilleur, quitte à devoir prendre des libertés avec la morale ; il faut donc poursuivre les relations diplomatiques et commerciales, parce que sans ces relations il est impossible d’exercer une pression sur ces régimes. Oui mais jusqu’à quel point ? Est-ce que ce réalisme politique et moral ne nous fait pas petit à petit verser dans le cynisme ?

 

Ce sujet nous demande d’arbitrer entre deux attitudes, l’attitude déontologique et l’attitude pragmatique, sachant que la première est menacée d’impuissance et que le réalisme de la seconde l’expose à tomber dans le cynisme.

 

EXPRESSION DES MOMENTS DE LA REFLEXION

 

La morale est de manière générale la conscience de la distinction entre le bien et le mal. Elle peut avoir un contenu variable, mais dans tous les cas elle exprime l’idée d’un ordre de valeurs sacrées ou d’obligations inconditionnelles qui s’impose à tous les membres d’une communauté et qui trace les limites absolues de ce qu’ils sont en droit de faire.

 

L’homme politique peut-il faire exception à cette règle, notamment dans les situations où il peut faire triompher une fin politiquement bonne –la paix, la justice- en employant des moyens moralement condamnables –le meurtre, le mensonge- ? La valeur de certaines fins politiques justifie-t-elle l’emploi de tous les moyens possibles ou est-ce que l’action politique doit toujours rester subordonnée à la morale, quitte à échouer ?

 

On peut certes réussir politiquement en n’employant que des moyens moraux ; mais ce choix, qui limite les moyens de l’action politique, peut aussi la condamner à l’impuissance donc à consentir à la victoire du mal. L’immoralité de la conséquence n’est-elle pas plus grave que l’immoralité de moyens mis au service d’une fin bonne ? Ce qui est immoral, n’est-ce pas précisément cette impuissance, qui nous rend complice d’un mal ? La responsabilité de l’homme politique, qui engage le destin de la nation, n’est-elle pas au contraire de s’assurer de la réussite de certaines fins politiques essentielles –unité, stabilité, sauvegarde de la nation?

 

Toutefois un droit n’est pas une possibilité exceptionnelle. C’est une autorisation qui attribue un pouvoir légitime à celui qui le possède. D’un côté il relève d’une autorité qui le fonde, d’un autre il est prudent de pouvoir en contrôler l’usage.

 

Si la politique est l’art de gouverner la Cité suivant une représentation du bien, alors seule la morale peut fonder le droit. Il serait donc contradictoire que la morale fonde un droit qui autorise de s’affranchir de la morale.

 

Si le politique avait le droit de s’affranchir de la morale, alors il n’accepterait aucun contrôle de son pouvoir : le pragmatisme politique se muerait rapidement en cynisme.

 

LA SOLUTION 

On ne peut pas tolérer que la morale réduise la politique à l’impuissance lorsque la vie des nations est en jeu. Pourtant un droit politique de sacrifier la morale à l’efficacité ne peut pas exister parce qu’il ne peut être ni fondé ni contrôlé. Sacrifier à l’efficacité doit donc rester un acte exceptionnel qui relève d’un art politique qu’il faut exercer avec la plus grande prudence.

Tag(s) : #DISSERTATION

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