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LA RAISON

La raison est la faculté qui nous rend capable de considérer les choses telles qu'elles sont en elles-mêmes, en faisant abstraction de nos préjugés, de nos intérêts, de nos sentiments. Elle a donc un usage théorique, la connaissance, et un usage pratique, la morale et la politique.

L'usage théorique de la raison : prise en elle-même, une chose est la même pour tous les hommes; la raison permet de penser l'universalité du vrai (un théorème de mathématique par exemple); par voie de conséquence elle permet a) de faire la différence entre ce qui est vrai et ce qui est faux; b) entre celui qui a raison et celui qui a tort.

Raisonner c'est alors s'efforcer de trouver soit une preuve ou soit une démonstration de ce qu'on affirme.

Une preuve est un élément matériel qui permet d'infirmer ou de confirmer un énoncé (une hypothèse par exemple).

Une démonstration est un enchaînement de propositions qui se déduisent logiquement les uns des autres et qui conduit à une conclusion objectivement nécessaire.

Le raisonnement met en œuvre différents types d’opérations intellectuelles, principalement la déduction et l’induction, essentiellement distinctes de l’intuition.

La déduction : c’est une opération intellectuelle par laquelle l’esprit passe d’une idée à sa conséquence logique (si tous les hommes sont mortels, alors Socrate l’est aussi ; si A/B = C/D alors BC = AD).

L’induction : c’est l’opération intellectuelle par laquelle l’esprit énonce une proposition générale à partir de l’observation d’un grand nombre de cas semblables (son caractère scientifique est contesté : ce n’est pas parce que je vois mille cygnes blancs que je peux affirmer que les cygnes sont des oiseaux blancs).

L’iintuition : c’est un rapport immédiat de l’esprit à la réalité (exemple : je sais que je suis et je sais qui je suis intuitivement, sans avoir besoin de l’établir par raisonnement).

L’évidence : c’est la caractéristique de ce qui s’impose de soi comme vrai à l’esprit : il suffit de considérer la proposition « tout nombre à un successeur » pour la savoir vrai, sans avoir besoin d’y réfléchir ou de la démontrer. C’est pourquoi Descartes fera de l’évidence le critère de la vérité : si une proposition est évidente (« je pense donc je suis », par exemple), alors elle est vraie.

L'usage pratique de la raison : lorsqu'on fait usage de sa raison on considère les choses de façon dépassionnée, on fait abstraction de ses sentiments, de ses intérêts ou de ses préjugés. La raison permet donc de penser et d'agir suivant des principes objectifs plutôt que suivant le caprice ou l'humeur du moment. Raisonner c’est alors rechercher les principes éthiques et politiques devant gouverner notre conduite.

Être rationnel c’est n’accorder de crédit et réalité qu’à ce qui est conforme aux exigences de la raison scientifique. De façon générale, c’est refuser toutes les formes du surnaturel (miracle, astrologie, superstition, phénomènes dits « paranormaux » etc).

Être raisonnable c’est être capable de maîtriser ses désirs et ses intérêts,  de contrôler ses impulsions. Ce qui revient à faire de ce que nous montre notre raison le principe de notre conduite.

La vérité est la propriété des énoncés qui s’accordent avec la réalité. Elle est contraire à toutes les formes de la fausseté : le mensonge, l’erreur, l’illusion. Elle se distingue de ce qui n’est qu’opinion. En ce sens vérité est synonyme de savoir (chercher la vérité, c’est chercher à savoir).

Le providentialisme est la doctrine qui consiste à croire que Dieu a tout conçu et créé pour le bien de l'homme (« Dieu y a pourvu »).

Le finalisme, qui est semblable à la précédente, est la doctrine qui consiste à croire que ce qui existe est le résultat de la volonté d’une cause organisatrice (que le réel est une création suivant un plan).

Le matérialisme, au sens courant est l’attitude qui consiste à n’accorder d’attention et de valeur qu’aux jouissances procurées par les biens matériels. Syn. Consumérisme. Au sens philosophique c’est la doctrine pour laquelle seule la matière existe, donc qui n’accorde de réalité qu’à ce qui est corporel et tangible.

 

LA CROYANCE

C'est une notion complexe.

Je crois qu'il pleuvra demain : j’affirme une hypothèse.

Je crois en dieu : j'affirme l'existence de quelque chose.

Je crois en la démocratie : j'affirme la valeur de quelque chose.

Croire c'est donc tenir pour vrai ou tenir pour valable. Etymologiquement c'est en effet accorder du crédit à quelque chose ou accorder sa confiance à quelqu'un. Mais personne ne peut être certain que sa confiance ne sera pas trahie ou que ce à quoi il croit est vrai. La croyance consiste alors à affirmer la réalité ou la valeur de quelque chose, avec une force variable, mais sans pouvoir appuyer cette affirmation sur une preuve objective. En ce sens la croyance est toujours une lacune du savoir : on croit faute de savoir ou de pouvoir savoir.

Il y a plusieurs formes et plusieurs degrés de croyance.

L'opinion, qui est un avis personnel auquel on adhère de façon variable.

La conviction, qui est un avis fondé sur une réflexion auquel on adhère assez fortement. La conviction détermine souvent un engagement chez le sujet « avoir ses conviction » ; « être un homme ou une femme de conviction »).

La foi, qui est un engagement très fort, voire total, au nom d'une certitude intime. C’est par exemple le cas de la foi religieuse : avoir foi en dieu c'est affirmer que Dieu existe au nom d'une certitude intime vécue que tout le monde ne possède pas.

Remarque : La foi franchit la distance entre croire et savoir. Avoir la foi (en dieu, dans une cause) revient à affirmer fortement, quelque fois de tout son être, l’existence ou la valeur d’une chose au nom d’une certitude personnelle, donc subjective et in-objectivable. Il n'est donc pas possible de démontrer la réalité ou la valeur de l'objet de la foi sans la nier comme foi. On ne peut qu’attester (témoigner) de sa foi par son engagement.

Se pose donc le problème de la légitimité de la foi, de la valeur de ses prétentions par rapport aux exigences de la raisons, du savoir, de la science. Qu'est-ce qui va bien pouvoir distinguer la foi de croyances irrationnelles comme le sont les superstitions ? D’où des questions comme Faut-il distinguer entre religion et superstition ? Y a-t-il des raisons de croire ?

En lien avec le concept de croyance, nous trouvons :

La religion : une religion est un ensemble de dogmes et de rites formant la foi commune d’un groupe. Le noyau de la foi religieuse réside dans l’affirmation qu’il existe un ordre surhumain, l'ordre du divin, auquel les hommes doivent obéissance et respect. Dans les monothéismes, le noyau de la foi consiste dans l’affirmation qu’il existe un être suprême auteur de ce qui existe et garant de la différence entre le bien et le ma : Dieu, fondement de l’être et des valeurs.

La religion suppose la distinction entre sacré et profane.

Est sacré tout ce qui s'impose comme l'objet d'un respect obligatoire ; à l’origine et dans sa signification strictement religieuse, appartient au sacré tout ce qui se rapporte à l'ordre caché du divin (qui est pour cette raison l’objet d’un respect obligatoire).

Est profane, étymologiquement « ce qui est hors du temple », à savoir le monde profane du quotidien, tel qu'il est vu et perçu.

La superstition est une attitude irrationnelle fondée sur la croyance dans l'existence et dans l'action du surnaturel.

La crédulité est l'absence d'esprit critique, qui conduit à admettre même les idées les plus absurdes.

Le fanatisme est l'attitude intolérante et violente de celui qui est persuadé de détenir la vérité et qu'on peut craindre être un excès de foi, voire un excès de la foi.

 

Vous pouvez aller voir :

 

ici : http://laphiloduclos.over-blog.com/2014/04/la-religion-la-raison-et-la-croyance-la-demonstration-cours-y-a-t-il-des-raisons-de-croire.html

 

ici : http://laphiloduclos.over-blog.com/page-140102.html

 

ici :http://laphiloduclos.over-blog.com/page-998661.html

LA VERITE

1. « Ceci est une page internet» : ce que j’écris est vrai car mon énoncé correspond à ce que vous avez sous les yeux. On peut donc définir la vérité comme la propriété des pensées ou des énoncés qui représentent exactement ou adéquatement la réalité. C’est la définition classique du concept de vérité telle qu’il est formulé par les penseurs du Moyen-âge : l’adéquation entre ce qui est et ce qui est dit ou pensé, entre réalité et discours (en latin : veritas est adequatio intellectus et rei).

 

Quand on la prend dans premier ce sens la vérité est opposable :

 

Au mensonge, qui consiste à dire ce qui n’est pas tout en sachant ce qui est. Mentir c’est en effet fausser volontairement ce qu’on sait être vrai de manière à induire autrui en erreur.

 

A l’erreur, qui consiste à affirmer ce qui n’est pas par ignorance de ce qui est. L’erreur est toujours involontaire ; c’est faute de connaitre le vrai que ce que j’affirme est erroné, et dès que je le saurai je corrigerai mon erreur.

 

A l’illusion qui consiste à croire ce qui n’est pas par incapacité à percevoir la différence entre ce qui est et ce qui n’est pas. L’illusion est d’abord une perception erronée ou déformée, sur la base de laquelle on affirme ce qui n’est pas, ou ce qui est autrement qu’il n’est (voyez l’exemple de la chambre d’âme, qui fait paraître les objets plus grands ou plus petits qu’ils ne sont en réalité). 

 

« Les philosophes cherchent la vérité  » : dans cet autre usage le terme de vérité est synonyme de connaissance ou de savoir absolus. En ce second sens la notion de vérité est opposable à celle d’opinion ou de croyance.

On doit donc retenir deux définitions de la vérité :

 

- L’adéquation du discours et de la réalité.

- Le savoir.

 

On nomme sceptique celui qui doute, celui qui a des réticences à admettre quelque chose (cf. les climato-sceptiques sont ceux qui doutent que le réchauffement climatique a une origine humaine). Le scepticisme a donc une valeur méthodique pour qui recherche la vérité : douter c’est faire preuve d’esprit critique, c’est refuser de croire avant d’être convaincu par des preuves suffisantes.

Comme doctrine le scepticisme est une philosophie à part entière, telle que l’antiquité la concevait : une conception intellectuelle et l’éthique qui en découle. C’est la doctrine de Pyrrhon d’Alexandrie, souvent cité par Pascal.

 

Intellectuellement le scepticisme est la doctrine suivant laquelle la vérité n’existe pas ou est hors de portée de l’esprit humain.

 

Moralement, le scepticisme fait dépendre le bonheur de notre aptitude à « suspendre notre jugement » : car le bonheur est sérénité de l’âme ; or nos tracas ont pour origine le désaccord des opinions ou la tension liée à la recherche de la vérité. Ainsi celui qui prend l’habitude d’éviter de se prononcer sur un point quelconque (ne pas participer à une polémique, ne pas ajouter son opinion à un désaccord, s’interdire de dire ce qui est incertain etc) s’évite les conflits internes et externes qui sont contraire au bonheur.

La pensée moderne à surtout retenu les thèses intellectuelles du scepticisme.

 

Vérité et réalité : ce sont des termes que l’on confond presque toujours, mais à tort ! Soit le ciel au dessus de ma tête : le ciel est, il n’est pas vrai ou faux. En revanche si je dis « le ciel est dégagé » cela peut-être vrai ou faux, sincère ou mensonger (si je veux tromper quelqu’un). On dira donc : la réalité c’est ce qui est ; quant à la vérité c’est la représentation exacte de ce qui est. Il n’y a donc de vérité ou d’erreur qu’a partir du moment où l’on se prononce, par la parole ou par la pensée sur quelque chose. La vérité n’est pas une propriété de la réalité, mais de la représentation de la réalité.

 

Vérité et langage : c’est pourquoi il faut noter le lien qui lie vérité et langage. Si on dit ou si on pense « cette décision est absurde », il se peut que cela soit vrai ou faux.  En revanche si on ne formule aucun jugement, ou si on se tait, on ne peut ni dire ni penser vrai ou faux. La vérité n’existe donc qu’à partir de son expression langagière, et plus précisément de son expression dans une langue particulière : on pense et on parle en français, en anglais, en japonais, en arabe, bref toujours dans une langue particulière.

 

Au vu de ces analyses, on voit que la vérité pose trois types de problème : un problème ontologique, un problème épistémologique (lié à la nature et à la possibilité de la connaissance) et un problème moral.

Lorsque la vérité est opposable au mensonge, se posent un ensemble de problèmes moraux liés au fait de dire la vérité :

Toute vérité est-elle bonne à dire? Est-ce un devoir de toujours dire la vérité? Avons-nous quelquefois le droit de mentir ?

Lorsque la vérité est opposable à l’erreur, l’opinion ou la croyance, lorsqu’elle est synonyme de savoir se posent un ensemble de problèmes ontologiques et épistémologiques :

 Y a-t-il une vérité ? Toute vérité peut-elle être prouvée ? La raison nous commande-t-elle de ne rien croire ? Le langage permet-il de dire les choses telles qu’elles sont? La particularité des langues rend-elle impossible l’expression de l’universalité de la vérité ?

 

Vous pouvez aller voir :

 

Ici : http://laphiloduclos.over-blog.com/article-pour-les-eleves-de-tes1-reflexion-sur-la-verite-60063202.html

 

Ici : http://laphiloduclos.over-blog.com/page-4953458.html

 

... puis là : http://laphiloduclos.over-blog.com/page-4977532.html

 

ici : http://laphiloduclos.over-blog.com/article-un-exemple-d-explication-de-texte-en-philosophie-pascal-pensees-verites-du-coeur-et-de-la-raison-114974439.html

 

ici : http://laphiloduclos.over-blog.com/article-science-et-verite-esquisse-d-une-dissertation-les-sciences-disent-elles-la-verite-116948898.html

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