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Nous prenons ici le verbe croire dans son usage religieux, au sens ou un croyant est celui qui croit en Dieu, qui affirme son existence. La question portera donc sur la légitimité philosophique de la croyance religieuse.

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Une religion est un ensemble de dogmes et de rites qui constitue la foi commune d’un groupe. Dans les monothéismes, à quoi nous limitons notre réflexion, le noyau de la croyance réside dans l'affirmation qu'il un être suprême, transcendant au monde, auteur de ce qui est et fondement ultime des valeurs : Dieu. Dès lors dire "je crois en dieu" c'est affirmer que dieu existe, c'est affirmer la réalité de l'objet de ma croyance. Mais existe-t-il une preuve ou une démonstration de l'existence de Dieu? Si tel n'est pas le cas, reste la foi c'est-à-dire la certitude intime de l'existence de Dieu. Mais la foi vaut-elle preuve? Quelle peut être sa légitimité en face des exigences de la raison en matière de vérité et de fausseté? Si la foi s'autorise des limites de la raison humaine, ces limites justifient-elles l’affirmation de l’existence de dieu? N'y a-t-il pas des dangers à s'affranchir de tout contrôle de la raison en des sujets aussi essentiels?

I/ Peut-on prouver ou démontrer l'existence de dieu?

A/ A la recherche d'une preuve de l'existence de Dieu : Que vaut l'argument finaliste?

Une preuve est un fait matériel, mis en évidence par l'expérience et permettant de valider ou d'invalider une hypothèse.

L'argument finaliste : Le hasard ne peut pas être à l'origine des choses, de leur ordre, de leur harmonie. D'où le finalisme ou doctrine des causes finales : ce qui existe ne peut s’expliquer que par l'intention d'une intelligence organisatrice. Le terrain de prédilection du finalisme c’est l’explication des phénomènes naturels, de son ordre apparent.

Prenons l'exemple d'un être vivant, d'une grenouille (de bénitier?) par exemple. C'est une entité individuelle dotée d'organes fonctionnant de manière coordonnée, l’un pour l'autre. Son oeil est fait pour voir, son estomac pour digérer, l’ensemble de ses fonctions pour maintenir en vie la grenouille. De plus cette grenouille s'insère harmonieusement dans un milieu, un écosystème : elle est le prédateur des uns et la proie des autres, participant au fonctionnement de ce milieu.

L'argument finaliste affirme que le hasard (l'action aveugle des lois naturelles) ne peut pas expliquer l’existence des êtres vivants. D'où l'affirmation : il existe d'une intelligence organisatrice supérieur dans l'univers et qui en est l'auteur : Dieu.

Sauf que ce raisonnnement est scientifiquement et philosophiquement faux.

Sur le terrain des sciences, on apprend que :

  • La sélection naturelle et la mutation aléatoires sont les deux mécanismes aveugles qui expliquent la transformation et la conformation des êtres vivants. Le fait de l’évolution et la compréhension de ses mécanismes excluent toute idée de finalité.
  • La cellule, base du vivant, est cartésienne (en référence à Descartes, pour qui tous les phénomènes matérielles s'expliquent par des mécanismes) dans son fonctionnement : la cellule se construit grâce à des mécanismes de traduction de l’information génétique en protéine; aucune âme, aucune force formatrice ou principe mystérieux ne l’anime.

Sur le terrain de la philosophie, on apprend que la doctrine finaliste est une illusion anthropomorphique, comme l’a définitivement établi Spinoza (Ethique, I appendice).

L'observation impartiale des phénomènes montre que la la nature est telle que la vie est possible et non pour que la vie soit possible : la nature n'existe pas en vue d'une fin quelconque : aucune vie ne serait possible sans une mince pellicule d'ozone dans les hautes couches de l'atmosphère terrestre. Mais ce n'est pas pour que la vie soit possible que cette couche de gaz se trouve dans l'atmosphère. La nature et les êtres qui la composent sont le résultat hasardeux des facteurs naturels et des lois physiques et chimiques : il n’y a donc aucune cause finale dans la Nature seulement des causes efficientes qui produisent nécessairement mais aveuglément les êtres naturels.

On ne saurait donc tirer de l'observation de la nature aucune preuve de l'existence de dieu.

B/ A la recherche d'une démonstration de Dieu : Que vaut "l'argument ontologique"?

Il n’y a donc pas de preuve de Dieu ; mais peut-être qu’une démonstration en serait possible?

Une démonstration c'est un enchaînement de propositions qui se déduisent logiquement les unes des autres et qui conduisent à une conclusion nécessaire. La démonstration est abstraite et entièrement a priori. C’est par excellence l’outil des mathématiques et de la logique. A l'inverse la preuve est matérielle et a posteriori : elle s’obtient par l'observation des faits ou par une vérification expérimentale en science.

D’ailleurs étant donné Dieu dans son concept, seule une démonstration pourrait en être possible : la preuve est concrète, a posteriori, elle implique l'expérience de l'objet, sa matérialité. Exemple : la table existe, je peux la toucher. Or si Dieu est transcendant, omniprésent, immatériel, on ne peut l'établir -si il existe- que par le raisonnement pur; donc par la démonstration, de façon entièrement a priori (indépendamment de toute expérience). De même, lorsqu'on démontre les propriétés géométriques du triangle ou du cercle, il n'est pas nécessaire de tracer leur figure. Il suffit d'étudier leur définition.

L’argument ontologique: on le doit à un théologien, Anselme de Canterburry : Dieu étant par définition l'être suprêmement parfait, il serait contradictoire qu'un tel être n'existât pas (car alors il ne serait pas l’être suprêmement parfait) ; donc Dieu existe nécessairement. Ce qui revient à dire : je peux concevoir le concept d'un être parfait. Et comme je puis le concevoir, alors nécessairement cet être existe car sinon ce serait contradictoire avec la possibilité de le concevoir.

Kant, dans La critique de la raison pure, a définitivement réfuté ce type de démonstration. « L'existence, dit-il n’est pas un prédicat réel ». Un prédicat c’est quelque chose qui peut être dit de quelque chose. Par exemple lorsque je dis que l'or est ductile, qu’il est jaune, etc : je qualifie l’or grâce à ce que l’expérience m’apprend. Avec Dieu, il est exclu de recourir à l’expérience. Il faut donc déduire son existence de son concept. Or on ne peut pas déduire abstraitement l’existence d’une chose de l'analyse de son concept. Lorsqu’on procède par le pur raisonnement, on ne peut établir que la possibilité qu’une chose existe, non sa réalité. Pour résumer : l’existence se montre (ce qui suppose l’expérience de la chose) mais elle ne se démontre pas. Dieu étant par son concept immatériel et transcendant, on ne peut pas affirmer démonstrativement son existence.

Il est donc impossible d'établir rationnellement l’existence de Dieu, c’est-à-dire soit par une démonstration soit par une preuve. Il ne reste donc plus que le chemin de la foi. Mais que vaut la foi en face des exigences de la pensée, du sens humain de la vérité?

II/ Peut-on avoir la foi sans mauvaise foi ?

La question revient se demander si le croyant peut ou non arguer de sa foi, c’est-à-dire en faire un argument prouvant l’existence de dieu et donc exiger d'autrui qu'il l'admette pour cette raison. Peut-on, de bonne foi, affirmer l'existence de dieu par sa foi, ou bien la foi est-elle toujours de mauvaise foi, dans les deux sens que peut avoir cette expression. Car "être de mauvaise foi" c'est soit ne pas reconnaître ce qu'on à tort alors qu'on le sait; soit, au sens de Sartre, refuser d'assumer la contingence et la liberté, le sentiment interne d'incertitude, d'indétermination de son être.

A/ Quelles raisons avons-nous de suspecter la foi religieuse de mauvaise foi?

Cela tient à la nature même de la foi. La foi est une forme de la croyance, qui comme toute croyance, est autre qu'un savoir : la foi est une certitude intime. La foi s'affirme, et en s'affirmant elle affirme la réalité de son objet, sans pouvoir se prouver ou se démontrer, sinon elle serait savoir un savoir; la foi s'affirme en l'absence de raison déterminante voire en dépit de toute raison; d'où la formule « credo quia absurdo » (je crois parce que c’est absurde) qui est la devise de l'homme de foi.

C'est ce que montre Pascal, dans Les pensées, pensée 248 : "La foi est différente de la preuve; l'une est humaine, l'autre est le don de Dieu. C'est cette foi que Dieu lui-même met dans le cœur, dont la preuve est souvent l'instrument; mais cette foi est dans le cœur, et fait dire non "scio", mais "credo". Dès lors la foi ne se communique pas, ne se prouve pas (on ne peut convaincre autrui d'avoir la foi etc).

D'où un 1° Problème

  • Si avoir la foi c'est affirmer l'existence de Dieu en l'absence de raison voire en dépit de toute raison, n'est-elle pas alors une attitude irrationnelle semblable à la superstition? Sinon, quelle légitimité peut avoir la foi? Ajoutons que la foi est la forme la plus élevée de la conviction : l'objet de la foi c'est l'absolu (Dieu); elle ne peut pas être tiède, elle implique un engagement lui-même absolu.

D'où un 2° Problème :

  • Si la foi porte au paroxysme la force de la conviction et ne s'autorise que d'elle-même, n'est-elle pas alors la source de tous les fanatismes?

Dans ce cas, la foi religieuse n'est-elle pas au fond une dénomination noble pour ce qui n'est que de la superstition ?

Pour l’athée il y a identité, puisque c'est l'existence même de Dieu qui est une superstition. L'athée se fonde sur des raisons simples :

a) le récit religieux est réfuté par la science ;

b) le croyant parle sans savoir, puisqu’il parle de ce que par définition il ne saurait percevoir ;

c) il se forge le plus souvent une vision anthropomorphe de Dieu (un Père tout puissant, un juge, un justicier) qu'il l'investit de demandes infantiles (protection, bienveillance, bonheur, immortalité). En outre l’athée n’ignore pas la fonction répressive des religions : l'esprit religieux est souvent un instrument de domination de la vie de l'individu (interdictions, tabous, statut des femmes) ou des peuples (conformisme des attitudes).

Même un esprit impartial, comme l'est l'agnostique, devra reconnaître qu'il y a des éléments de superstition dans la religion : de la crédulité (la croyances dans les miracles, dans l'efficacité de la prière) ; du fétichisme, voire du paganisme avec le culte des reliques, auxquelles on prête des pouvoirs magiques ; de la cupidité puisqu’on croit et obéit à Dieu pour faire son salut ; de l'irrationalité et de l'infantilisme puisqu’on demande à Dieu d'infléchir le cours des choses etc.

En outre le fidèle est de mauvaise foi (au sens de Sartre) lorsqu’il prétend ne pas douter de sa foi, être pure adhésion à sa foi. Car avoir la foi ne prive ni de conscience ni de raison. Rappelons qu'être conscient c’est se savoir être. La conscience est donc la capacité à penser (de façon représentative) et à se penser. La conscience implique un recul sur soi et sur le monde. Elle nous met en position de choix et de jugement à l'égard de nous-mêmes : choix et jugement des ses comportements, de ses pensées, de ses croyances etc. Cf. Alain : « La conscience suppose réflexion et division. Il y a Moi et mon sentiment, Moi et ma pensée etc. » Avec la conscience et la raison naissent le doute, le scrupule, l’interrogation. D’ailleurs sans doute ni scrupule, la foi religieuse dégénère en fanatisme.

Le croyant a donc conscience de croire, il a sa croyance « en vue ». Il peut la juger et l'interroger ; il n’y a donc pas de foi sans interrogation et doute. C’est pourquoi Sartre dirait que celui qui prétend avoir une foi entière, sans réserve, est forcément de mauvaise foi. Car on n'est pas un fidèle à la façon dont une table est table. On l'est sur fond de conscience, cad dans la contingence d’une attitude d’adhésion à une croyance que seule notre liberté (notre engagement, avec ses doutes et sa fragilité) fait exister : notre foi, comme tout comportement, est un produit de notre liberté.

Si telle est la foi quelle légitimité peut-elle avoir? Est-elle autre que la superstition? Comment l'empêcher de se muer en fanatisme?

III/ A quelles conditions la foi est-elle possible et légitime?

Reconnaissons qu'on ne saurait, sans tomber dans la caricature, identifier purement et simplement l'homme de foi et l'homme superstitieux.

A la différence de la superstition, la foi véritable est désintéressée : les valeurs du fidèle sincère sont le dévouement, le désintéressement : il paie de ses biens (charité) et de sa personne (bénévolat). Il est altruiste et fraternel : "Aimer son prochain comme soi même". C'est très différent de l'homme superstitieux, de son intéressement, de sa cupidité, de sa bassesse.

Enfin, et c'est l'essentiel, le croyant authentique refuse la crédulité et ne croit que parce qu’il a des raisons de croire. Car si la foi est folle, en un sens, elle est loin d’être déraisonnable : on peut en effet faire état d'un fondement rationnel de la foi, qui tient aux limites de la raison. Pour l'homme de foi, les limites de la raison sont une raison de croire.

Ici le cas de Pascal est exemplaire. C'est le cas d'un croyant et d'un intellectuel (Pascal était mathématicien autant que philosophe et homme de foi), qui refuse tout autant la superstition que l'absolutisme de la raison.  Pascal soutient simultanément que :

  • La crédulité et la superstition sont des impiétés qui desservent la foi.
  • La raison humaine a des limites, elle n'a pas vocation à se prononcer sur tout.
  • Il y a une autre source de la connaissance que Pascal nomme le "cœur".

Il y a par exemple montre Pascal des limites au pouvoir de démonstration de la raison : Les points de départs d’une démonstration (les prémisses) ne sont pas démontrées (il faudrait pour cela d'autres prémisses à la base de cette nouvelle démonstration etc). La raison a donc des limites, elle ne peut pas se prononcer sur tout. D'où le recours au "cœur" cad à l'intuition vécue d'une présence. De même : on ne peut pas démonter sa propre existence : on sait de façon évidente et intuitive qu’on existe sans pouvoir le démontrer. Ainsi avant toute démonstration il y a une « monstration », une « donation », cad l’évidence sensible de la présence soit d’une chose, soit du monde.

Toutefois la thèse de Pascal a des limites :

  • c'est encore une forme d'hommage à la raison, à sa primauté : a) seule la raison préserve la foi de la superstition; b) seule la raison est capable de penser les limites de la raison.
  • le "cœur" est tout sauf une preuve : que la raison ait des limites ne prouve pas positivement l’existence de Dieu.

Ce n'est donc, paradoxalement, qu'en restant contrôlée par la raison que la foi trouve une légitimité et peut s'éviter de sombrer dans l'arbitraire ou le fanatisme.

Le fanatique s’exprime dans l’intolérance et la violence : intolérance à la pluralité des croyances, à la pluralité des interprétations. Il exige d’une orthodoxie de l’attitude et de la croyance. Ce qui se traduit par l’oppression des autres, dénoncés comme hérétiques.

L’origine de cette attitude est clairement expliquée par Spinoza : “J’ai vu maintes fois avec étonnement des hommes fiers de professer la religion chrétienne, c’est-à-dire l’amour, la joie, la paix, la continence et la bonne foi envers tous, se combattre avec une incroyable ardeur malveillante et se donner des marques de la haine la plus âpre, si bien qu’à ces sentiments plus qu’aux précédents leur foi se faisait connaître. Voilà longtemps déjà, les choses en sont venues au point qu’il est presque impossible de savoir ce qu’est un homme : Chrétien, Turc ou Idolâtre, sinon à sa tenue extérieure et à son vêtement, ou à ce qu’il fréquente telle ou telle Eglise ou enfin à ce qu’il est attaché à telle ou telle opinion et jure sur la parole de tel ou tel maître. Pour le reste leur vie à tous est la même.”

Spinoza permet de comprendre que la foi devient fanatisme dès lors qu'elle s'affranchit de toute régulation par la raison et qu'elle devient un élément d'identité, un "drapeau" ou une cause, pourrait-on dire. Dès que se trouve fétichisée l’identité religieuse et sacralisée son interprétation du texte (Bible, Coran etc), alors on entre dans le fanatisme. Le fanatisme trouve donc son origine dans une confusion des domaines de la foi et de la raison, de la religion et de la philosophie, de la croyance et de la connaissance.

A l’inverse le fidèle authentique ne confond pas croyance et vérité, les discours et les actions: “Toute la loi <loi religieuse> consiste en ce seul commandement : aimer son prochain. (...) Nul ne doit être jugé fidèle ou infidèle sinon par ses œuvres. Si ses œuvres sont bonnes, bien qu’il s’écarte par ses dogmes des autres fidèles, il est cependant un fidèle; si elles sont mauvaises au contraire, bien qu’en paroles il s’accorde avec eux, il est un infidèle. (...) Il suit ... que la Foi requiert moins des dogmes vrais que des dogmes pieux, c’est-à-dire capables de mouvoir l’âme à l’obéissance...” rappelle Spinoza. Le texte religieux a pour objet de produire l'adhésion du fidèle à un ensemble de valeurs, non de le convaincre par des raisons ou de le contraindre par des menaces.

Il y a donc une légitimité de la foi religieuse, mais elle est conditionnelle :

  • Elle doit reconnaître la primauté de la raison.
  • Elle doit s’attester par des actes et non par des discours : la foi ne peut pas être raisonneuse, l’engagement dans l'action est sa seule attestation possible.

Mais elle s'avère, comme la religion en général, moins fondamentale que la philosophie :

  • la religion a pour but de susciter l’obéissance à des règles par dévotion envers dieu; son principe reste extérieur à la raison et à la conscience humaine (il est hétéronome).
  • la philosophie cherche à produire l’obéissance à des règles morales par compréhension de leur nécessité rationnelle. Son principe est autonome.

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Nous nous étions demandé si la croyance religiieuse pouvait avoir une légitimité. Nous savons maintenant que si nous prenons le terme de raison dans un sens strict, alors il n'existe aucune raison de croire puisque aucune preuve et aucune démonstration de l'existence de dieu ne peuvent être produite par la raison, qui se révèle athée; que si nous prenons le terme raison au sens d'un motif, d'une justification, de ce qui donne un sens à une attitude, alors la foi religieuse peut être légitime comme système de valeurs nous engageant à remplir nos devoirs envers autrui pour plaire à Dieu. Mais il ne faut pas perdre de vue dans ce cas que la foi ne reste pure et légitime qu'en acceptant l'autorité de la raison et qu'elle reste dans son principe inférieure à la philosophie. La religion ne sauraient donc constituer du point de vue de la raison une réponse satisfaisante à l’exigence de vérité de l’esprit humain ni au problème du sens de son existence.

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