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LE PROBLEME DE LA NATURE ET DE LA CONNAISSANCE DU VIVANT. NOTIONS ESSENTIELLES

« La vie est un processus, une organisation de la matière ; elle n’existe pas en tant qu’entité indépendante qu’on pourrait caractériser. On peut donc faire l’étude du processus ou de l’organisation, mais pas de l’idée abstraite de vie. » François Jacob, prix Nobel de Biologie.

 

DEUX EXEMPLES POUR COMPRENDRE

 

1° exemple : soit un décilitre d’eau et une souris de laboratoire.

Par électrolyse on peut décomposer un décilitre d’eau en une quantité précisément mesurable d’hydrogène et d’oxygène ; puis par un procédé d’oxydoréduction recombiner ces molécules de manière à reconstituer ce décilitre d’eau. En revanche, si on passe durant cinq minutes la souris vivantes au mixer, on récupère dans le bol du mixer la totalité des molécules de la souris, mais il ne sera possible ni de recomposer la souris ni de lui rendre la vie !

Ainsi l’eau se prête à la méthode analytique, objectiviste et réductionniste des sciences : qu’il s’agisse de celle que vous buvez, dans laquelle vous vous baignez, qui tombe du ciel, que vous aimez ou que vous détestez elle n’est rien d’autre scientifiquement qu’une association d’atomes : H2O ; la diversité de ses formes et des expériences que nous en avons trouve son expression objective dans la formule H2O.

Or rien de tel en apparence avec la souris. Y a-t-il alors dans la souris quelque chose de plus que l’ensemble organisé des atomes de son corps, quelque chose qui diffère de la matière de son corps et le fait tenir ensemble ?

L’antiquité, puis les religions, parlaient de l’âme, certains penseurs ou scientifiques modernes d’un principe vital (ce qui revient au même)…

Qu’en est-il de nos jours où la pensée du vivant n'est plus séparables de la génétique moléculaire et de la théorie synthétique de l’évolution ?

 

2° exemple : soit un cristal, une souris et un réveil mécanique.

Ces trois phénomènes sont remarquables parce qu’ils sont structurés suivant un certain ordre :

Le cristal est un solide polyédrique, plus ou moins brillant, à structure régulière et périodique, formée d'un empilement ordonné d'un grand nombre d'atomes, de molécules ou d'ions.

Une horloge est une machine c’est-à-dire un agencement de pièces qui fonctionnent l’une pour l’autre de manière à transformer une énergie mécanique en travail.

Une souris est un organisme, c'est-à-dire un ensemble coordonné et réciproquement subordonné d’organes et de membres. (Mais à la différence des phénomènes précédents c’est un individu vivant, une entité autonome indécomposable comme nous l’avons noté au-dessus).

L’organisation cristalline du cristal est le produit de l’action des lois naturelles.

L’agencement de la machine, celui de l’intention humaine qui a présidé à sa fabrication.

Une strcuture peut donc avoir pour origine deux types de cause : l'une mécanique – l'action nécessaires des lois naturelles ; l'autre finale, l'intention et l'intelligence d’un être capable de production ou de création.

Or :

a) les souris ne s’auto-organisent pas à partir de leur composants moléculaires sous l'actions des lois de la nature : vous aurez beau agiter en tous sens la soupe moléculaire de la souris passée au mixer, elle ne se reformera pas et ne reprendra pas vie (à l’inverse d’un cristal, qui se formera durant le refroidissement de la solution chimique adéquate).

b) et elles n’ont pas été fabriquées par les hommes.

D’où les questions :

 

- Quelle est l’origine de l'organisation des organisme vivant, et plus généralement de la vie ? Est-ce mécanisme ou finalisme? Causalité ou finalité?

 

- Au-delà de ces questions d'épistémologie de la biologie, il faut aussi se demander si l'approche scientifique elle même est adaptée à la connaissance du vivant. La science procède par analyse, elle construit des modèles dans les conditions atificielles d'un milieu technique particulier, le laboratoire. Or la souris a d'abord été un individu dans son espèce évoluant au sein d'un milieu naturel peuplé d'autres espèces; et elle y a agit de manière autonome. Est-ce bien le vivant que la biologie étudie? Si la science ne suffit pas à rendre compte du vivant, ne doit-elle pas céder la place à la philosophie?

 

NOTIONS ET DEFINITIONS

 

 

Le vivant : le terme désigne une catégorie d’êtres, ceux qui ont en commun d’être en vie, par opposition à l’inerte. On caractérise donc empiriquement le vivant par le fait qu’ils sont capables de mouvement, de croissance, de reproduction, d’auto-organisation, d’autorégulation, de conduites intentionnelles (de rechercher l’énergie qui leur est nécessaire).

La matière : mon stylobille (plastique et métal), cette chaise (bois, colle, métal), cette vitre (verre, métal), en tant qu’objets existants sont tous un composé de matière et de forme. Il existe une diversité de matériaux (plastique, fer, bois, verre etc) mais un concept unique de la matière : la substance dont sont faites les choses tangibles.

L’objet matériel est tangible, perceptible par les sens : on prend conscience de son existence et des ses particularités à travers les sensations qu’il nous procure, la résistance qu’il nous oppose (étymologie de matière : madera, le bois dur dont on fait les charpentes). C’est donc d’abord par sa résistance (à mon action, à l’esprit) que se signale la matière.

Quant à la forme elle est la figure que prend la matière sous l’effet d’un principe qui l’informe : soit l’esprit, soit l’action des lois naturelles.

Dans un autre registre, on parle aussi de matière pour les disciplines d’un enseignement (philosophie, mathématiques) : parce que ce sont là des points où va s’appliquer votre esprit, des points d’application de l’esprit, et qu’elles lui opposent une résistance.

D’où la distinction de l’esprit et de la matière, qui en complète la définition, et les caractéristiques respectives de ces deux notions qui la motivent.

L'esprit, dans son sens courant, est  le lieu l’activité mentale et siège des facultés intellectuelles ; dans son sens précis et spécifique, l'élément distinct du corps et qui est censé être le principe de son animation, de sa vie.

Esprit vient en effet du latin spiritus, qui traduit le grec pneuma, et qui signifient tous deux « le souffle » ; d’où les expressions : « insuffler la vie », « rendre son dernier souffle ». Notez qu’on appelle aussi « spiritueux » les liqueurs obtenues par distillation des fruits; qu’on parle de « l'esprit d'une époque » ; ce qui exprime à la fois les idées d'émanation et de ce qui est au cœur de la chose, qui en constitue l’essentiel : son âme.

L’âme : animus en latin, psuké ou pneuma en grec : ce qui donne vie et mouvement (anime) ; dans l’optique de l’antiquité : le principe interne de la manière d’être d’un être. Le soi.

La relation de l’esprit et de la matière est généralement pensée comme une relation d’opposition : légèreté, vivacité, spontanéité, imprévisibilité, liberté sont des attributs de l’esprit (« faire de l’esprit ») ; opposable à la lourdeur, la pesanteur, la résistance, le déterminisme  de la matière : la matière résiste à nos entreprises, ne se laisse pas modifier arbitrairement, a ses lois (on ne plie pas une tige d’acier sans effort ; on ne peut pas la tordre et la détordre dans la rompre etc). La matière est censée être ce dans quoi déchoit et s'aliène l'esprit et inversement l’esprit ce dans quoi se sublime et s’élève la matière (cf. la critique de la sensualité dans les traditions spiritualistes).

Un modèle : au sens courant, ce qui est exemplaire, objet d’imitation; un modèle est donc une représentation idéale, qui sert de norme et mesure.

D’où l’usage en science : un modèle est une représentation schématique, donc idéalisée d’un phénomène, qui sert de ligne directrice à son étude. La connaissance scientifique est inséparable de l’emploi de modèles, même pour les phénomènes en apparence les plus simples : la loi de la chute des corps énonce la chute idéale d’un corps dans le vide qui ne se produit jamais en réalité (un corps réel ne tombe jamais conformément à la loi de Galilée).

La notion de modèle se complète de celle de paradigme : lorsque le modèle revêt un caractère général, qu’il permet d’unifier de large champ de la science (la modélisation des phénomènes. Exemple : comprendre le cerveau suivant le paradigme informatique : sur le modèle du traitement de l’information).

La biologie : littéralement, c’est la science qui fait de la vie (bios) son objet d’étude. Même si l’intérêt pour le vivant date de l’antiquité, la biologie se constitue en science seulement au XIX° siècle, avec Lamarck en particulier, lorsqu’on cesse de s’interroger sur ce qu’est la vie pour s’intéresser aux propriétés des êtres vivants dans ce qui les distinguent de la matière inerte.

Le mécanisme : doctrine pour laquelle l’existence et les propriétés des phénomènes naturels s’expliquent causalement conformément à l’action des lois naturelles.

Le principe de causalité : principe qui postule que tout phénomène a une cause qui en explique l’existence et les propriétés. Une cause doit être distinguée d’une raison : la cause explique (pourquoi = comment), la raison justifie (pourquoi = dans quelle intention) ; la cause est matérielle et naturelle, la raison est un produit de l’esprit.

Le matérialisme : doctrine pour laquelle n’existe que ce qui est matériel, donc tangible et perceptible par les sens (directement ou indirectement à l’aide d’appareil de mesure qui suppléent les sens). Par voie de conséquence le matérialisme postule l’unité et la rationalité du réel.

Le finalisme : doctrine suivant laquelle l’existence et les propriétés des phénomènes résultent d’une intention organisatrice.

Téléologie : synonyme savant de finalisme popularisé par Kant.

Téléonomie : principe scientifique destiné à expliquer la finalité interne des organismes vivants : un organe particulier n’a de sens et ne peut se comprendre qu’en vue de l’organisme tout entier.

Le créationnisme : doctrine théologique qui affirme que tout ce qui existe, en particulier les êtres vivants, résulte de l’acte créateur de Dieu. Le créationniste est donc amené à refuser le fait de l’évolution et toute forme d’explication naturelle, scientifique de leur transformation, comme le propose la théorie synthétique de l’évolution.

La théorie de « l’intelligent design » : forme raffiné de finalisme et de créationnisme, qui accepte l’évolution mais la prétend orientée par un projet.

Le vitalisme : doctrine suivant laquelle la matière vivante se distingue de la matière inerte par un principe interne d’animation.

Le réductionnisme : a) attitude méthodologique des sciences qui consiste à ramener la diversité d’un phénomène à ses causes explicatrice ; b) critique adressée à la science dès lors qu’elle identifie le phénomène en question à ses causes explicatrices.

Scientisme : idéologie qui consiste à croire que l’explication scientifique des phénomènes est  le seul discours légitime sur la réalité.

Substance : a) sens courant : produit, composé organique ou chimique ; b) sens scientifique : composé moléculaire stable ; c) sens philosophique : ce qui existe en soi par soi, c’est-à-dire absolument. Pour Descartes la conscience de soi est substance.

Dualisme : de manière général le dualisme est le statut des doctrines pour lesquelles le réel est composé de deux substances distinctes (dual : deux). On parle de dualisme à propos de la pensée de Platon, qui distingue les dimensions du Sensible et de l’Intelligible ; à propos de la pensée de Descartes, qui distingue Pensée et Etendue, et par voie de conséquence Esprit et Corps. Le monisme est la position inverse, qui affirme que le réel est fait d’une seule substance. C’est l’ontologie de Spinoza.

 

Vous pouvez maintenant aller voir ici : http://laphiloduclos.over-blog.com/article-le-vivant-est-il-objet-de-science-ou-de-reflexion-philosophique-71282423.html

 

puis là : http://laphiloduclos.over-blog.com/2014/03/le-vivant-dissertaion-une-connaissance-scientifique-du-vivant-est-elle-possible.html

 

Et enfin ici : http://laphiloduclos.over-blog.com/page-1051982.html

Tag(s) : #FICHE NOTION

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