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Et là :

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Mince, le temps passe...

passe...

passe :

 

LES ECOUTER : https://drive.google.com/file/d/0BydEd64mp4XASEttNVFYWmd6Mkk/view?usp=sharing

 

LES VOIR : https://drive.google.com/file/d/0BydEd64mp4XASEttNVFYWmd6Mkk/view?usp=sharing

 

 

DES OEUVRES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE COURS : A-T-ON BESOIN D’ARTISTES ?

Le travail est l’activité qui a pour but la production de ce qui est nécessaire ou utile à la vie. Rien n’est donc plus indispensable que cette activité et ceux qui s’y consacrent, les salariés, les entrepreneurs, toutes la classe des travailleurs. Or l’artiste ne poursuit pas cet objectif : ni son activité, ni ses créations ni sa personne n’ont pour but originel de s’insérer dans le circuit économique de la production. Mais il doit pourtant en bénéficier pour pouvoir créer et vivre.

On est donc fondé à se demander s’il est juste d’entretenir les artistes ou s’il s’agit d’un luxe inutile?

Cependant, une vie humaine peut-elle se satisfaire du travail et de ses produits ? N’avons-nous besoin que de ce qui satisfait nos besoins ?

Si tel n’est pas le cas, quel est le fondement humain du besoin de l’art est des artistes ?

 

I/ Documentaire : Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely, les Bonnie and Clyde de l’art, un documentaire de Louise Faure et Anne Julien, 2010

« Moi je m’appelle Niki de Saint Phalle, et je fais des sculptures monumentales. / Moi je suis jean Tinguely et je fais des machines qui ne servent à rien. »

Personne

- Originalité, voire excentricité : les vêtements de Saint Phalle, le non conformisme de Tinguely ; la singularité de leur point de vue sur la vie et l’art.

- La Révolte contre l’idéologie du milieu et de l’époque : au sujet du rôle des femmes (Saint Phalle) ; par l’ironie subversive de Tinguely (une machine qui s’autodétruit, un phallus qui part en feu d’artifice et brûle devant une cathédrale, la revendication de l’inutilité de ses machines).

- Le refus des valeurs bourgeoises, de l’accumulation et du calcul, la revendication de l’improductivité : on n’accorde pas de valeur à l’argent, on crée, on se lance, on fait coïncider l’art et le mouvement de la vie.

- La passion pour l’art, l’acharnement au travail. Le goût de la liberté.

 

Propos

NIKI DE SAINT PHALLE

«Je veux exprimer (…) la situation de la femme dans le monde d’aujourd’hui. Les mecs ils sont tellement jaloux qu’ils ne peuvent pas piper le fait que la femme met au monde, alors ils ont fait des fusées, des gratte-ciel, des villes, n’importe quoi pour oublier le fait que la femme elle peut créer. (…) La seule possibilité que j’aurais de ne pas être artiste, c’est d’être enceinte tous les neufs mois. »

 

  • Sur les nanas : « c’est le symbole de la femme libre, sûre d’elle-même… les nanas au pouvoir. Elles représentaient le côté féminin dans les hommes aussi bien que dans les femmes, qui n’a plus de possibilité de vivre aujourd’hui dans notre monde sur-scientifique, où c’est seulement les qualités masculines, les qualités du cerveau abstrait qui sont admirées aujourd’hui, et il y a tout le côté humain, le côté féminin, intuitif, magique, qui est écrasé. (…)

 

  • Sur les sculptures du paradis fantastique « mes sculptures représentent le monde de la femme, amplifié, la folie des grandeurs des femmes, la femme dans le monde d’aujourd’hui, la femme au pouvoir. Et en face, il y aura les machines, agressives, menaçantes de Tinguely, qui représentent le monde de l’homme. Ça représente aussi la nuit contre le jour, ça représente les éléments mythologiques, les rêves, les aspirations de l’homme contre les machines agressives. En même temps c’est une collaboration… C’est une rencontre dans laquelle la collectivité pourra retrouver ses propres rêves».

 

  • Sur son œuvre, à l’occasion de sa rétrospective : « L’essentiel de mon art est autobiographique… j’ai commencé à travailler à 22 ans après une dépression nerveuse qui m’a conduite dans un asile. Là j’ai commencé à dessiner ce que je ressentais du monde, mes problèmes, ma colère, et je n’ai plus jamais arrêté. »

 

JEAN TINGUELY

« Je suis et j’ai toujours voulu être un poète du mouvement. » Documentaire pour la télévision suisse romande. ». « La technique n’est rien elle, s’apprend, le rêve est tout. »

 

  • Devant une de ses machines monumentales en mouvement : « Elles font un effort physique extraordinaire les machines… mais cette machine elle fout rien, elle est là, elle est avec elle-même, tout seule… Elle a un avantage mécanique et technique sur les autres machines c’est que déjà elle fait rien, elle est gratuite, elle est libre, elle est… elle n’est pas un esclave. »

 

  • Au sujet au Cyclope : « Une œuvre collective (jusqu’à quinze personne)… C’est quand même intelligents les moteurs, c’est terrible l’esclavage. (…) C’est un objet mythologique. J’aimerais bien atteindre une espèce d’intensité correspondant à nos conflits en occident, à ses horreurs, à ses joies… aux trente-six mille façons d’être déséquilibré que nous avons mises au point. »

 

Oeuvres

- Les tirs, la peinture saignant des tableaux.

- Des sculptures en fils de fers et pièces de métal peintes en noir.

- Des machines qui fonctionnent, qui tournent ou s’agitent, mais sans but, sans rendre un travail ; des machines sonores, qui grincent, ou chuinte, ou gémissent, aux mouvements décentrés, syncopés ou régulier, tournant pour elle-même, exposant leur mouvement, leurs gestes etc.

- Des installations publiques (la Hon, le jardin des délices)

- Des fontaines publiques, mêlant les jets de l’eau au mouvement de machines et à la présence colorée de sculptures multicolores, aux couleurs très vives.

- L’immense et inachevé Jardin des tarots, ensemble de sculptures et d’édifices monumentaux liés au jeu du tarot, dans la manière caractéristique de Niki de Saint Phalle (polychrome, vivacité des teintes, arrondi des formes).

 

II/ Les fondements humains du besoin de l’art et des artistes.

à Il y a une nécessité subjective et objective de l’art : tous les hommes ressentent ce besoin, soit confusément soit consciemment ; d’ailleurs aucun homme ne pourrait vivre dans un monde d’où serait absente toute dimension artistiques.

 

A. La nécessité subjective de l’art

Stendhal : « La beauté est une promesse de bonheur. »

Ian mac Ewan, romancier anglais : «Quand on me demande pourquoi j’écris, je demande parfois : comment peut-on ne pas écrire ou peindre, ou composer de la musique ? D’une manière ou d’une autre, comment peut-on ne pas utiliser cet étrange accident qui fait que nous disposons, pour un temps limité, de quelque chose qui s’appelle la conscience ? »

 

Le besoin de l’art et des artistes est présent en chaque homme. Il trouve son origine dans le désir et la conscience.

à Comme être de désir l’homme ne peut se satisfaire du strictement nécessaire ou du simplement utile. Désirer c’est en effet opter pour une chose par préférence à une autre ; c’est exprimer un  goût, une sensibilité à la dimension esthétique des choses : ainsi le désir du beau est inscrit en l’homme comme une expression de sa vitalité désirante (Stendhal). C’est ce qui explique aussi que les objets fabriqués par l’homme ne sont jamais strictement fonctionnels ; même les plus banals comportent une dimension esthétique qui peut être sentie dès qu’on se rend attentif à leur forme sans idée de leur fonction (Kant : « est beau ce qui plait universellement sans concept » + « La beauté est la forme de la finalité d’un objet en tant qu’elle est conçue en lui sans représentation d’une fin »)

à Comme être conscient il perçoit et surtout se représente tout ce qui existe, qui est donc pour lui comme la matière d’un spectacle possible. Cela l’amène tout naturellement à tendre à l’expression de son expérience, à chercher à en exprimer la signification : ainsi on ne peut pas être conscient de la singularité de l’existence ou de l’amour sans ressentir le besoin d’en exprimer le sens dans une forme adéquate, c’est-à-dire sans tendre à  œuvrer artistiquement.

Le besoin de l’art est une disposition interne de la subjectivité humaine. Mais c’est aussi une nécessité objective qui s’inscrit dans le monde qui nous entoure.

 

B. La nécessité objective de l’art

« C’est en poète que l’homme habite le monde. » Heidegger

Si on raisonne en termes de catégorie l’Artiste est à opposer au Travailleur et au Technicien :

a) Par la manière dont ils envisagent les choses

b) Par leur style d’existence.

a) Le travailleur enferme les possibilités de la matière dans les limites d’une forme utilitaire ; le technicien les considère comme des éléments à contrôler.

b) Chacun d’eux donne l’exemple d’un comportement raisonnable, marqué par l’esprit de sérieux. Un monde sans artistes serait alors un monde intégralement rationnel et raisonnable, peuplé de gens sérieux, soumis aux impératifs de l’utilité, du calcul et de la mesure. Ce serait un monde froid, dénué de fantaisie et d’émotions, indifférents à la recherche du sens et de l’expression symbolique qui le porte. Or un tel monde serait inhabitable à l’homme.

*

Conclusion du cours : Nous nous étions demandé si les artistes étaient des personnes dont l’existence et l’activité nous étaient nécessaires ou utiles. Nous savons maintenant que nous ne pourrions nous en passer sans négliger une partie de ce qui nous rend humain ni bâtir un monde déshumanisé et invivable. Nous avons en effet montré que la singularité des artistes et de leurs œuvres faisait écho à un besoin proprement humain de beauté et de sens qui ne peut pas trouver à s’incarner simplement dans le travail et la domination technique de la nature.

Tag(s) : #COURS

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