Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Les Erinyes, dites aussi Les Euménides

Les Erinyes, dites aussi Les Euménides

La justice : à l'origine c'est la conformité au droit existant : "jus dicere" signifie "dire le droit". Mais ce qui est "de droit", juste, n'est pas toujours exprimé par la loi (il y a des lois injustes) ou énoncé par l'institution juridique (il y a des décisions de justice iniques). D'où la justice comme idée ou idéal : ce qui devrait être.

L'égalité : à l'origine le terme exprime l'identité entre deux grandeurs, mesures ou quantités. Par la suite, c'est le principe qui consiste à traiter identiquement, comme des égaux, les êtres humains, en faisant abstraction de leurs différences, en particulier de condition sociale. Deux formes de l'égalité : l'égalité stricte et l'équité.

L'équité : c’est la forme de l’égalité qui consiste à tenir compte des différences, de richesse ou de situation. Exemple : il serait injuste de prélever identiquement (égalité stricte) par l’impôt des individus ayant des revenus très différents. Il est donc juste de les prélever à proportion de leur niveau de revenu : c’est l’équité.

Problèmes : L'égalité, est-ce la justice? Les inégalités sont-elles des injustices? L'égalité des chances suffit-elle à réaliser la synthèse de l'égalité et de la liberté?

Le mérite : c'est ce qui est censé revenir de droit à l'individu en vertu des ses talents et de ses efforts, et qui, pour cette raison, est estimé juste. C’est le principe républicain par excellence : les distinctions sociales ne sont jugées légitimes qu’en tant qu’elles sont justifiables par le mérite personnel.

Problème : difficile de contester la valeur du mérite : comment rétribuer de la même manière celui qui fait tous ses efforts et celui qui n’en fait pas ? Celui qui a du talent et celui qui n’en a pas ? Toutefois on fonde le mérite sur l’effort individuel ; on suppose donc que c’est seulement à soi qu’on doit sa réussite ou son échec. Sans doute y a-t-il là une part de vérité… Mais n’est-ce pas faire fi de la différence des conditions sociales de la vie des individus. Le critère du mérite n’est légitime qu’a la condition d’une stricte égalité des chances dans la rivalité ou la compétition entre les individus. C’est le rôle des politiques qui visent à corriger les inégalités dues à la naissance et au milieu dans les sociétés démocratiques (politiques redistributrices ou correctrices, de « discriminations positives » -« affirmative action » en anglais-). Il n’est métaphysiquement fondé qu’à la condition que le sujet ne doive qu’à soi la qualité de ses productions et performances. Mais ces deux conditions peuvent-elles correctement être remplies ?

D’où les questions : La justice consiste-t-elle à donner à chacun selon son mérite ? Le mérite est-il personnel ? Est-ce l’individu qui a du mérite ? Y a-t-il des discriminations positives ?

Le droit : L’idée de droit renvoie tant à celle de règle qu’à celle de (c’est mon droit, j’ai le droit etc). Comme règle le droit correspond aux lois qu’une société se donne, qu’elles soient écrites ou orales (le droit coutumier par exemple). Comme dû, le droit correspond à ce que la société s’engage à garantir (droit à la liberté de culte) ou à fournir (droit à l’éducation) à chacun de ses membres.

Il y a deux types de droit : les droits qui correspondent à des libertés (on des appelle droit-liberté ou « droit-de » : droit d’exprimer son opinion, droit de choisir son métier etc) et les droits qui correspondent à des biens ou à des services : droit à l’éducation, à la santé, au travail : ce sont les droits sociaux ou « droits-à ».

Pour penser l’origine du droit et ses principes directeurs, on distingue droit positif et droit naturel.

Le droit positif c’est l’ensemble des les lois écrites.

Le droit naturel c’est le droit que possèderait l’individu originairement, antérieurement à la constitution de la société et de l’Etat.

D’où la distinction entre ce qui est légal et ce qui est légitime :

Légal : ce qui est conforme à la loi.

Légitime : ce qui est conforme à l'idée du droit ou à la justice.

Problèmes : A travers ces distinctions se trouve posé le problème de l'origine et de la valeur du droit : Le droit est-il l’expression de ce qui est juste ? Faut-il toujours obéir aux lois? Les lois sont-elles des expressions de ce qui est juste ? Ce qui est illégal peut-il être légitime ? (le problème de la désobéissance civile ou civique). L’égalité des droits suffit-elle à garantir la justice ?

La jurisprudence : activité qui consiste à interpréter la loi de façon à l’adapter à la particularité des cas. Ainsi le bon juge selon Aristote est-il celui qui applique la loi suivant son esprit, qui doit être interprété, et dans un esprit d’équité, non à la lettre, c’est-à-dire mécaniquement. [Notez que Kant contestera légitimité juridique de la jurisprudence et de l’équité (« une divinité muette qui ne peut être entendue devant aucun tribunal »). Kant : « La devise de l'équité est donc assurément : "le droit le plus strict est la plus grande injustice", mais on ne peut remédier à ce mal par la voie du droit, bien que ce qui est ici en jeu soit une exigence du droit, parce que celle-ci relève uniquement du tribunal de la conscience, alors que toute question de droit doit être portée devant le tribunal civil. »

Une loi juridique : c’est une règle émanant d’une autorité politique souveraine et qui s’applique à l’ensemble des membres d’une société. Une loi oblige, interdit ou autorise.

Tag(s) : #FICHE NOTION

Partager cet article

Repost 0