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LES SCIENCES HUMAINES. DISCIPLINES DE LA CONNAISSANCE (4).

La sociologie est la discipline qui étudie l’influence des facteurs sociaux sur les représentations et les comportements des individus ; on pourrait dire aussi qu’elle est l’étude des comportements de l’homme en société. La discipline est scindée entre ceux qui assignent à la sociologie l’étude des faits sociaux (l’école de Durkheim) et ceux qui lui assignent la compréhension des représentations qui amènent les individus à adopter des comportements sociaux (l’école de Weber). La première démarche cherche à dégager les lois générales qui régissent les comportements sociaux des individus dans l’optique déterministe des sciences de la nature (Emile Durkheim « les faits sociaux sont des choses et ils doivent être traités comme tels »). La seconde développe une herméneutique des conduites sociales dans le but d’en comprendre les motivations subjectives (ou selon la formule de Weber à «objectiver la subjectivité »). 

L’économie : comme pour l’histoire, le terme désigne soit la chose soit la discipline qui l’étudie. Dans le premier sens c’est l’activité dédiée à la production et à la distribution des biens produits par le travail humain. Comme discipline c’est l’étude de cette activité, en particulier dans le but d’identifier les conditions optimales de production et de distribution des biens, c’est-à-dire la manière la plus efficace d’allouer les ressources dont les hommes disposent (recherche d’une formule optimale de l’allocation des ressources dans un contexte de rareté).

L’histoire est soit le cours des événements, soit la discipline qui en rend compte. L’histoire-discipline, comme son nom l’indique (« raconter une histoire ») est un récit. Pour se distinguer de des récits fictifs comme le sont les romans et les contes, elle doit chercher à rendre compte objectivement des faits historiques et de leurs raisons : elle doit enquêter –c’est le sens du terme grec « historia » employé par Hérodote, le premier « historien » donc de manière à établir exactement ce qui s’est passé et pourquoi. C’est à ce titre seulement qu’elle peut revendiquer le statut d’une science. Toutefois l’histoire est par définition une science qui étudie le passé c’est-à-dire ce qui n’est plus et ce qui n’arrivera plus : les faits historiques n’ont lieu qu’une fois et ils ne sont pas reproductibles (ce qui s’est passé, objet de l’histoire, est passé). Il faut donc s’en remettre aux documents et aux témoignages des acteurs, morts ou vivants, si c’est possible. Mais les documents ne parlent pas tout seul. L’examen critique des sources est une nécessité, et elles ne sont jamais complètes. En outre, il n’est pas possible de les retenir, de même pour les faits : comme pour tout récit, l’historien se voit dans l’obligation de trier, sélectionner, hiérarchiser sa documentation ou ses témoignages de manière à pouvoir les mettre en forme dans un tout cohérent. Cette mise en récit des événements passé suppose l’adoption d’un point de vue, quel que soit le désir de neutralité de l'historien. En outre l’histoire est écrite dans le présent de l’historien. La connaissance historique est donc un regard posé sur le passé à partir du présent et de la personne de l’historien. L’historien ne peut donc occulter une vue de l’événement qui lui vient de sa connaissances des événements qui sont postérieurs à ceux qu’il étudie et qui en sont quelquefois la conséquence. L’histoire est ainsi toujours menacée de voir dans le passé la préfiguration du présent, d’être, selon le mot de Paul Valéry, « un prophète du passé ». Enfin l’historien ne peut s’exempter d’une compréhension philosophique implicite de l’histoire réelle : est-ce que l’histoire de l’humanité - le cours des événements historiques - a un sens, une logique de développement ou est-ce une suite fortuite d’événements qui se produisent de manière contingente ? Bref, faut-il chercher à expliquer, à comprendre ou simplement à décrire l'histoire? Quel est le fond de notre intérêt pour l’histoire ? La connaissance, l'édification (morale et politique) ou simplement la curiosité?

L’anthropologie (« anthropos », l’homme en grec) est la discipline qui s’efforce de construire une représentation de l’homme à partir des donnés empiriques de l’observation ethnologique. Il ne s’agit pas de penser l’homme réflexivement ou phénoménologiquement, soit à partir d’un concept, des éléments d’une tradition ou d’une description de l’expérience subjective, mais par accumulation et comparaison des observations de terrains des mœurs des différentes sociétés humaines.

L’ethnologie est la discipline qui s’attache à décrire les différentes sociétés humaines en vivant en leur sein le plus souvent. Exemple : Pierre Clastres et les indiens Guayakis, Claude Lévi-Strauss et les Nambikwaras etc.

La paléoanthropologie est la discipline qui étudie la préhistoire et évolution de l’espèce humaine.

L’herméneutique : c’est une démarche communément employée en science humaine qui consiste à interpréter les conduites ou les productions humaines de manière à en comprendre le sens (en grec, « herméneutès » désigne l’interprète religieux, le traducteur du sens caché des messages des dieux, Hermès étant le messager des dieux). Appliquée à l’étude des phénomènes humains la démarche herméneutique implique un parti-pris méthodologique anti-déterministe et un parti-pris philosophique qui consiste à penser l’être humain comme un sujet libre doué d’intentionnalité. Ce qui s’oppose à l’idée que la conscience que les individus ont de leurs motivations n’est qu’une explication superficielle, que le véritable niveau explicatif réside dans les déterminismes, qu’ils soient psychologiques, sociaux, économique, culturelles ou historiques.

Tag(s) : #FICHE NOTION

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