Dimanche 11 janvier 2009

QUELQUES ECLAIRCISSEMENTS SUR LA PENSEE DE NIETZSCHE


N est un penseur matérialiste, un penseur de l'immanence. En matière de science, on pourrait le rattacher à une position nominaliste.


Matérialisme et idéalisme/finalisme

Immanence et transcendance.

Nominalisme et réalisme.


LE CONFLIT DE L’EVOLUTION DES ESPECES ou plus généralement : Y A-T-IL UN ORDRE DANS LA NATURE ?


Mise en scène du problème : un observateur E.T est envoyé sur terre et a pour mission de dresser un rapport sur les faits remarquables. Il prélève comme échantillons : un cristal (un polyèdre), un réveil mécanique, une grenouille : ce sont autant de phénomènes remarquables pour notre E.T car ordonnées, agencées, organisées, finalisées.


La questions qu’on peut se poser en chaque cas : d’où vient cette organisation ? Quelle est son origine ?


Le cristal = les lois de la natures, l'action des forces naturelles, nécessaires mais aveugle : pas d’intention, seulement la nécessité naturelle.


Réveil = artefact; donc l'intelligence et le travail de l'homme.


La grenouille? Cela ressemble au réveil : un organisme, cad une structure organisée complexe, un ensemble de fonction coordonnée ; mais c’est profondément différente : les organes ne sont pas comme les pièces du réveil : il existent non pas seulement l’un par rapport à l’autre dans des relations de causalité, mais l’un pour l’autre dans des relations de finalité. Comme si circulait dans cette organisme une force organisatrice et formatrice et non une simple force motrice. La preuve : la destruction de l’un entraîne la destruction de l’autre (si je détruit le foie de la grenouille, la grenouille meurt ; si je retire le ressort du réveil...). Il semble qu’il soit impossible d’expliquer le fonctionnement de la grenouille comme on explique le fonctionnement du réveil (Kant : impossibilité d'un "Newton du brin d'herbe": pour expliquer même un simple brin d'herbe, on ne peut se référer à l'action mécanique et aveugle des lois de la nature). Il semble qu’il faille penser la grenouille de manière analogique avec le réveil : en lui supposant un créateur... !


Voilà donc notre problème : pour expliquer la grenouille, et tous les êtres vivants, faut-il faire référence à l'action des causes naturelles, qui est aveugle (sans intention), donc au hasard radical, ou bien sommes-nous obligés de postuler l'action d'une intelligence organisatrice qui ordonne la matière ?

Dans le premier cas nous avons une explication immanente de l’apparition et de l’évolution du vivant : c’est la thèse matérialiste, celle la philosophie implicite des évolutionnistes ; dans le second cas, une explication par l’action d’une cause transcendante : c’est la thèse finaliste des créationnistes qu’on peut résumer ainsi : Dieu, La Bible vs Darwin. Mais Dieu = auteur de ce qui est, garant des valeurs : donc tout ce qui est, et non pas seulement le vivant. C’est pourquoi on peut donner à ce conflit la formulation plus générale : Y a-t-il un ordre dans la nature ?


Matérialisme : doctrine pour laquelle il n’existe que des phénomènes matériels qui s’expliquent causalement par l’action nécessaire mais inintentionnelles des lois de la nature.


Finalisme ou téléologie ou doctrine des causes finales : doctrine qui affirme que tout ce qui existe naturellement doit son existence à l’action d’une intelligence organisatrice et doit se comprendre comme le produit d’une intention (tout être à sa raison d’être ; la nature ne fait rien en vain).


Idéalisme (idée) : doctrine qui affirme que la réalité est d’essence intellectuelle et non matérielle. La théorie des Idée de Platon est un idéalisme puisqu’elle affirme que la réalité sensible ne peut exister et se comprendre que par sa relation à la réalité intelligible.


L’Immanence : « immanent à » signifie « lié à » ou « contenu dans » ; une explication est immanente lorsqu’elle cherche la raison d’un phénomène au même niveau que ce phénomène. Dans la perspective de l’immanence, les phénomènes matérielles qu’elles qu’ils soient s’expliquent par des causes matérielles.


Transcendance : transcendant signifie « au-delà de » ; c’est le contraire d’immanent. Une explication est transcendante lorsqu’elle cherche la raison des phénomènes au-delà des phénomènes (ex : expliquer le monde par Dieu).


Créationnistes : ceux qui pensent qu’un acte de création est seul à même d’expliquer l’existence de l’univers, de la nature et des êtres vivants qui la peuplent. Degrés : les plus fanatiques nient l’évolution : Dieu a créé les espèces telles que nous les connaissons. Les plus subtils acceptent l’évolution et l’explique par la théorie du « dessin intelligent », ce qui est la version moderne et “high tech” du finalisme.

 

Evolutionnistes : ceux qui pensent que l’apparition et la modification au cours du temps des êtres vivants sont le résultat de l’action de causes naturelles. Darwin et Lamarck.


Théorie de Lamarck (inventeur de l’évolutionnisme) et de Darwin (évolution par sélection naturelle) ; comme D a eut raison contre L, évolutionnisme = darwinisme et néo-darwinisme (apport de la génétique).


Sont donc en présence une explication immanente du vivant (évolutionnisme) et une explication par l’action d’une transcendance (créationnisme).


NB : Un conflit, parce qu’au USA c’est un débat passionné ; les créationnistes exigent que la création soit enseignée à l’égal de la théorie de l’évolution, donc que la croyance religieuse et la science soient sur ce point mise sur un pied d’égalité. Ou bien revendiquent pour la théorie de l’intelligent design le statut d’une théorie scientifique.



Quelle est la solution à ce conflit et quelle serait la position de N ?


L’explication finaliste est erronée, l’explication créationniste carrément sans fondements rationnels, voire carrément irrationnelle (relève de la foi, voire de l’aveuglement et du fanatisme).


On le montre a) par des arguments scientifiques liés à la connaissance des mécanismes de l’évolution b) par des arguments philosophiques liés à une réflexion sur la notion d’ordre.


Les arguments scientifiques


Evolution = sélection des individus par les variations des conditions naturelles + mutations aléatoires : un ensemble de mécanismes sans but, sans intentions. (sélection et mutation sont les deux mamelles de l’évolution). Fausseté aussi du lamarckisme (théorie de l’évolution par l’adaptation) parce que les caractère acquis ne se transmettent pas à la descendance. Ne confondons pas les conséquences et les causes, ne mettons pas les points d’arrivée au point de départ !

 

D’où la fausseté du finalisme et de sa version comme « intelligent design « : la nécessité aveugle, le hasard « gouvernent » l’évolution des espèces vivantes.


Bref, l'explication du vivant est immanente aux éléments et aux « lois » qui composent la nature, elle doit être recherché dans les facteurs et les conditions naturelles, non à l'extérieure de la nature, dans un principe transcendant.


Mais alors comment expliquer l’apparence d’harmonie des écosystèmes, la parfaite adéquation des espèces à leur milieu, la parfaite complexion des organismes et des organes à leur fonction etc ? Là il faut examiner les arguments philosophiques.


Les arguments philosophiques


Bergson : « le désordre, c’est l’ordre que je ne cherche pas » : le désordre n’est dans les choses, il n’a pas d’existence objective, absolu. C’est seulement par rapport à une intention, à un usage qu’on parlera de désordre. Exemple : une bibliothèque n’est en ordre ou en désordre que relativement à l’usage qu’on souhaite en faire, selon qu’on est un intellectuel ou un amateur de littérature...c’est relativement à l’usage que j’en fais, l’intention qui est la mienne...

Il en va de même de l’ordre : il n’est pas dans les choses, mais dans l’intention humaine, dans le rapport humain aux choses… à nouveau l’anthropomorphisme…


Donc les idées d’ordre ou de désordre appliqués à la nature sont erronées, elles relèvent de l’anthropomorphisme.


SPINOZA, la critique de l’illusion finaliste dans Ethique I appendice : comme les conditions de la vie humaine sont réunies, on les suppose intentionnelles etc.


On renverse l’ordre de la cause et de l’effet ; on voit de l’ordre de l’harmonie par projection et illusion rétrospective :


RETOUR SUR LA NATURE, L’EVOLUTION

L’illusion de harmonie naturelle, ou de la perfection des organismes : la sélection joue comme un tamis : les espèces qui ne s’adaptent pas disparaissent, seules demeurent celles dont les aptitudes leur permettent la survie. Ces aptitudes ne sont pas remarquables antérieurement aux conditions qui les rend nécessaires ou utiles.


Donc l’ozone n’est pas dans l’atmosphère pour que la vie soit possible, mais de sorte que la vie est possible. Il y a de l’ozone, et il y a de la vie, mais personne n’a voulu, personne n’a agencé intentionnellement ces conditions. Cela ne devient remarquable qu’avec la vie, rétrospectivement. De même, l’œil n’est pas fait pour voir, mais de sorte qu’une vue est possible, et cela n’a rien de remarquable, nous le trouvons remarquable que parce que notre perception du monde est essentiellement structurée autour d’elle. Si les chiens pouvaient parler, c’est l’olfaction qui leur paraîtrait remarquable, si c’étaient les chauve-souris, ce serait l’écholocalisation.



ET NIETZSCHE DANS TOUT CA ?


Accord complet sur la philosophie sous-jacente de la théorie de l‘évolution, son matérialisme ; surtout : analogie profonde entre la théorie de l’évolution et la philosophie de Nietzsche. On peut s’aider de la signification philosophique de la théorie de l’évolution pour comprendre l’intuition philosophique de N.


SENS PHILOSOPHIQUE DE LA THEORIE DE L’EVOLUTION : l’évolution ne vise rien et ne vise à rien. L’évolution du vivant n’est pas la réalisation progressive d’un modèle idéal préexistant. Nous ne sommes pas en marche vers un degrés supérieur d’évolution.


Il en va de même pour Nietzsche, en ce qui concerne l’Homme : rien ne nous a voulu, rien ne nous attend, nous n’avons aucune mission idéale et éternelle à accomplir dans laquelle se réaliserait le sens de l’existence. Pas de "table de la loi". Ce qui se résume dans l’idée que l’homme n’a pas d’essence.


L’HOMME N’A PAS D’ESSENCE


1/ L’homo-parentalité n’est pas contre-nature ! Ni criminel ni sacrilège que d'"être homosexuel" (quelle idée que de définir une personne par ses inclinations sexuelles!) et de se vouloir parent avec son partenaire du même sexe. En fait pas de lien naturel (transhistorique) entre parentalité et sexualité... Le père ou ma mère ne sont pas toujours avec les géniteurs biologiques (il suffit pour le comprendre de faire l’histoire de la parentalité, ou de l’étudier ethnologiquement).


Pour qu’elle le soit, il faudrait que le rôle sexuel de l’homme et de la femme soit fixé par la nature, que donc, si on entre dans le détail, l’usage du corps et de ses organes soit fixé par la nature. Et qu’on dise : il est dans la nature de l’homme, dans l’essence de l’homme d’être hétéro-sexuel et de procréer, idem pour la femme etc.


Ce qu’on entend par nature ici : un état initial, un état de base, universel et éternel, et qui servirait de référence, de norme. On se sert de la nature comme d’une autorité qui fixe les normes.


2/ L’essence, à partir de l’exemple de la chaise


Il y a une multiplicité de types de chaises : variation des matériaux, des couleur, des formes etc. Mais il y a tout de même un noyau central fondamental qu’on retrouve d’une chaise à l’autre. Donc le jeu des variations est pris dans des limites, si ces limites sont transgressées, ce n’est plus une chaise. Toutes chaises (universellement) et toutes chaises passées et à venir (éternellement) doit respecter ce schème de base de la chaise. D’où la notion d’essence de la chaise, qui définit ce qu’est la chaise fondamentalement et du même coup les limites que les chaises réelles doivent respecter si elle veulent être des chaises (l’essence exprime l’être et le devoir être d’une chose).


Essence : ce qu’est une chose fondamentalement


Eh bien! pour N l’essence cela n’existe pas. L’essence est une construction intellectuelle, une invention humaine. Il n’y a pas d’essence de l’homme cad une idéalité éternelle qui fixerait une fois pour toute ce que doit être une femme, ce que doit être un homme, et dont la connaissance serait la mission de la philosophie morale. Les normes et les systèmes de valeurs sont construits, inventés par les hommes, historique, et la seule question valables à leur propos c’est se demander ce qu’elles valent et ce qu’elles signifient. Nietzsche voit l’homme comme un être qui invente des valeurs, qui doit inventer ses valeurs. L’homme doit parvenir à se comprendre comme un ensemble de possibilité qu'il s'agit de façonner (les valeurs ne sont pas donnés, les valeurs doivent être posées, inventées, l'homme doit se façonner).



Pas de relativisme non plus chez N, que tout s’équivaut, bien au contraire. Puisque il doit y avoir évaluation, quels sont les critères nietzschéens ?


Le plus bas degré de réalisation de l’humain : être membre du troupeau. Valeurs de la sécurité, du conformisme, négation de soi, de sa singularité


Le plus haut degré de la réalisation de l’humain : inventer et affirmer sa singularité. Prendre le risque d’être soi, assumer ses possibles.


Le troupeau est un danger mortel pour l'homme libre, pour le créateur, pour celui qui affirme sa singularité (c’est ainsi qu’il faut comprendre la phrase “...toujours protéger les forts des faibles.”).



TEXTES 6 ET 7

 

« Pensons encore à la formation des concepts » : encore : poursuite de la critique de la croyance dans la vérité. Donc : la compréhension de « la formation des concepts » doit nous convaincre définitivement de l’illusion de la vérité.


a) Qu’est-ce qu’un concept ?

b) Quel problème pose la formation du concept ?


Pour comprendre : soit un kilo de pommes, ou des pommes, des poires et des oranges : des fruits. Qu’est-ce que c’est : immédiatement : des pommes, ou des fruits. Nous savons ce que c’est : des pommes, des fruits, et nous savons ce que c’est que savoir : savoir c’est identifier ou reconnaître un objet, cad rapporter une perception à un concept : je vois l’objet, immédiatement en tant que l’objet qu’il est. Connaître, c’est reconnaître, ramener au même (idem, identification).


Un concept : idée générale abstraite qui englobe toute une classe d’objets. Exemple : dans le concept d’arbre, il y a tous les arbres possibles. Par extension : c’est la définition exacte de la chose, qui retient ce qu’il y a d’essentiel, de fondamental en elle.


Mais : A quelles conditions l’identification des objets/ leur reconnaissance dans la représentation conceptuelle, est-elle possible ? Quelle est la conséquence de notre ancestrales habitude de parler des choses, cad d’employer des concepts ?


Prenons l’hypothèse d’une perception parfaite : dans cette hypothèse aucune identification des objets comme relevant d’un concept commun n’est possible : dans un tel cas, ce sont les différences qui prennent le pas sur les points communs.


Enoncés : « la pomme est un fruit savoureux excellent pour la santé » : quel pomme ? Produite dans quelles conditions ?


« La pomme idéale c’est celle qui est lisse, qui se conserve longtemps et dont le goût plaît à tous » : aucune pomme ne répond / ne peut répondre à cette définition : elle n’est jamais parfaitement lisse, elle pourrait durer plus longtemps, il y a toujours quelqu’un à qui elle ne plaît pas : bref, voilà le réel frappé d’insuffisance !


D’OU UN DOUBLE PROBLEME


1/ La falsification de la réalité : La condition de l’identification, qui nous donne le sentiment de la connaissance, c’est l’approximation de la perception : la perception est schématique, simplificatrice. Or simplifier, c’est falsifier.


2/ Le renversement de la réalité : à force d’employer des concepts, cad des mots, à force de parler des choses, de considérer les choses à travers nos actes de langages, nos représentations, nous finissons par croire qu’il y a plus de réalité dans les concepts que dans les choses qu’ils sont censées représenter ! Nous finissons par croire à l’existence d’une réalité idéale, d’une pomme idéale, qu’aucune pomme réelle ne parvient à incarner (le concept, au lieu de dévoiler la réalité, finit par occulter la réalité : on finit par vivre dans un monde d’abstraction).


PLAN DETAILLE DES TEXTES 6 ET 7


On peut donner à ce passage le titre suivant : les concepts ne correspondent à rien dans la réalité (ou : les concepts n’ont pas d’objets réels)


I/ Les concepts falsifient la réalité : ils la simplifient et ils créent l’illusion d’une réalité idéale supérieure à la réalité empirique.


Les concepts viennent des mots en tant que termes généraux applicables à des expériences similaires mais non identiques. On comprend par là que les concepts ne sont que des mots, qu’ils n’ont de réalité que verbale.

Les concepts falsifient la réalité car ce sont des généralités alors que le réel n'existe que sous la forme de l'individuel : le concept n'est possible que par occultation volontaire de la singularité de chaque chose.

Enfin l’emploi des concepts amène à croire qu’il existe un modèle parfait de chaque chose qui détermine a priori l’existence de la réalité empirique : l’Idée de la feuille (c’est une réfutation de Platon, de la théorie des Idées, et à travers elle de toute la philosophie Idéaliste)


II/ Les concepts moraux trahissent la réalité de l’action


On ne peut pas dire que l’honnêteté d’un homme est la cause de son attitude honnête.

Car l’honnêteté n’est qu’un concept qui provient de la généralisation d’actes différents (on peut être honnête par peur, par éducation, par intérêt etc.) et non d’une connaissance de l’essence de l’honnêteté.

Ce concept est ensuite intégrée à l’identité de l’individu à titre de qualité stable, de propriété permanente de son caractère qui expliquerait ses actes : on invente une causalité psychologique qui falsifie le processus réel de l’action et la conception de l’identité des sujets.


III/ Les concepts ne nous font pas connaître la réalité, ce sont au contraires des facteurs d’erreur et d’illusion.


Il n’existe aucune réalité générale dans la nature (la réalité) qui correspondrait aux concepts que forment la science et la philosophie (c’est une position nominaliste).

Nous n’avons aucune connaissance de l’en soi de la réalité, qui reste absolument inconnaissable (X).

En effet l’opposition du général et de l’individuel est anthropomorphique.



*



Le nominalisme : c’est la doctrine qui affirme que les concepts sont des constructions intellectuelles ayant une fonction utilitaire, pragmatique qui n’existent que dans l’esprit qui les forme. L’Homme, par exemple, n’existe pas ; il n’existe que des hommes singuliers, des individus.


Deux penseurs nominalistes :


Hobbes: “Il n’y a rien d’universel dans le monde en dehors des dénominations car les choses nommées sont toutes individuelles et singulières.”


Spinoza: “En ce qui concerne le bien et le mal, ils ne désignent rien de positif dans les choses considérées en soi et ne sont rien d’autres que des manières de penser ou notions que nous formons de ce que nous comparons les choses entres elles.”

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